De Picasso on connait tout et rien à la fois. On sait ainsi que ses toiles ne ressemblent à aucune autre et qu'elles sont caractéristiques du surréalisme et du cubisme. Savoir cela est un préalable, un minimum syndical dirons-nous, mais ce socle ne nous permet en rien d'appréhender l'oeuvre de ce génie. Pour comprendre un artiste, il faut remonter aux origines : s'intéresser à sa vie, à ses inspirations, à l'art en général. C'est précisément ce que l'exposition du Grand Palais nous permet de faire.
Comme tout artiste, Picasso est un génie sous influence : toute son oeuvre est construite autour d'un réseau de références, de reprises et d'hommages parfois explicites, mais le plus souvent implicites à d'autres toiles. Aimer Picasso, c'est admirer la manière dont il s'inspire de ses maîtres : El Greco, Velazquez, Goya, Delacroix, Poussin, Gauguin, Cézanne, Ingres, Manet, pour ne citer que les plus connus.
Cette magistrale exposition, qui réunit les oeuvres de Picasso et celles qui l'ont inspiré, nous permet de mieux saisir les mécanismes de la création : on ne créée jamais à partir de rien (sauf si on s'appelle Dieu, en supposant qu'il existe hein), il y a toujours une base d'inspiration. Le Grand Palais nous offre donc une formidable réflexion sur les conditions de la création à travers ce jeu de piste, ou de ping-pong, entre Picasso et ses maîtres.
Bref, et vous l'aurez comprit, je vous recommande fortement cette exposition. Par contre, je vous conseille de vous armer de patience : il faut compter une petite attente de deux heures avant de rentrer dans le Grand Palais.

